Interrogations après l’attaque d’une déchetterie dans l’Essonne

Six personnes sont parvenues à dégrader ou incendier une cinquantaine de camions-poubelles dans la nuit de dimanche à lundi à Wissous. Le préjudice est estimé à un million d’euros. Sept véhicules incendiés, 44 autres vandalisés, le tout en quelques minutes: le site privé de collecte de déchets ménagers de Wissous, dans l’Essonne, a été le théâtre d’un acte de vandalisme impressionnant dans la nuit de dimanche à lundi. À 1h30 du matin, six individus ont découpé les grillages qui délimitent le périmètre, avant de ligoter le gardien de nuit et de commettre leurs méfaits. Après avoir répandu de l’essence dans les cabines, ils ont mis le feu à sept véhicules, qui ont intégralement brûlé. Quarante-quatre autres véhicules ont été endommagés avec notamment les vitres brisées. La journée des employés commençant à 4h30, personne n’est alors sur les lieux et n’a donc été blessé. Le gardien, bien que choqué, a réussi à se défaire de ses liens pour immédiatement alerter les forces de l’ordre et les pompiers. Ceux-ci sont intervenus rapidement pour éteindre les flammes, mais les dégâts sont considérables: à 160.000 euros en moyenne le véhicule, le préjudice est évalué à environ un million d’euros selon la Direction départementale de la sécurité publique de l’Essonne, en charge de l’enquête. Le coup est d’autant plus dur qu’Europe Services Déchets, exploitant du site, a «déjà été confronté à des actes de vandalisme» rappelle au Figaro Thierry Roudot, directeur de la société. À la fin du mois de décembre 2016, dix camions-poubelles avaient en effet déjà été incendiés, selon le même mode opératoire. «C’est inquiétant, on se pose des questions. On ne comprend vraiment pas le but de ces actes. Bien sûr il y a de la concurrence, mais on ne veut pas y croire, il y a d’autres moyens de régler des conflits.»

11. avril 2017 par admin
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Le Maroc tourne au bleu marine

Si vous avez suivi les primaires LR, mais il est un sujet qui ne vous a pas semblé important, et qui me paraît avoir une importance majeure quant à notre avenir : l’Histoire telle qu’on l’enseigneaux élèves. Car il est à mon sens révélateur de la faillite en cours. Il y a quelques jours, j’ai suivi un incentive au Maroc où j’ai eu l’occasion d’en discuter longuemententre deux animations. Pour vous situer le contexte, plusieurs candidats se proposent tout simplement retoucher les manuels d’Histoire donnés dans le cadre scolaire, l’objectif étant d’en présenter une version expurgée où la colonisation ne serait plus que le partage d’une culture civilisée aux peuples africains et indiens. Pour vous dire à quel point ça va loin, Fillon en vient à s’appuyer sur l’école chinoise, car les enfants y apprennent sur le bout des doigts la liste des empereurs. Bien sûr, ce qu’on enseigne à nos enfants à l’école ne mobilise pas des masses, et j’avoue que moi-même je n’y attache pas grande importance en général, mais c’est un peu plus important cette fois. Car tout cela est le témoin vivant d’un glissement des démocraties vers les extrêmes. Un glissement si progressif que nous n’y prêtons même plus attention. La gauche a pour ainsi dire disparu, puisqu’elle met en place des mesures de droite dès lors qu’il est au pouvoir. Mais la droite a elle aussi clairement été modifiée par l’extrême-droite. La situation est telle que des politiciens non extrémistes proposent de corriger l’Histoire, est significatif. Ce n’est plus seulement regagner les électeurs du FN : cela revient à vouloir mettre en oeuvre le programme du FN. Cette progression de l’extrême-droite dans les esprits est un mauvais signal pour la démocratie. La population considère désormais ceux qui s’en offusquent comme de sales bobos gauchos. Et d’après moi, c’est ce genre de dynamique qui conduit aux plus grands conflits de notre Histoire. Sinon, j’ai beaucoup aimé cet incentive au Maroc. Tenez, je vous mets en lien l’agence qui s’en est chargée : j’ai passé un excellent moment. Je vous laisse le lien vers le site spécialiste du voyage incentive au Maroc.

06. avril 2017 par admin
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Une console pas comme les autres

Cette année semble marquer le retour en force des japonais dans le jeu vidéo. Au terme d’une longue attente, petits et grands vont enfin pouvoir se faire une idée plus exacte de celle qui fut longtemps la NX. Je ne suis pas encore bien décidé pour ma part, mais je suis persuadé qu’elle va être un succès planétaire. En effet, son concept est vraiment immédiatement compréhensible. On est très loin de la précédente génération dont beaucoup n’ont jamais compris le concept. C’est une console mixte, avec laquelle il est possible de jouer sur le téléviseur comme dans le train. C’est franchement extraordinaire ! C’est d’une simplicité étonnante, au point qu’on en vient à se demander pourquoi personne ne l’avait encore jamais fait avant. Et à notre époque où l’on est habitué à jouer en tout lieu avec nos portables, c’est à l’évidence une stratégie ingénieuse. Il faut bien sûr que la qualité soit là, mais j’ai l’esprit tranquille de ce côté-là : la firme nippone a toujours eu le souci du détail, avec des machines de qualité. Le passage d’un mode à l’autre a l’air de se faire en une fraction de seconde, et la modularité des différents éléments a l’air d’avoir été bien pensée. Et dans l’ensemble, les premiers retours sont très positifs. D’un point de vue technique, la Switch n’est évidemment pas semblable à celles de Sony et Microsoft. Mais ce n’est qu’un détail, étant donné qu’elle ne joue absolument pas dans la même cour. Et comme console nomade, c’est sans l’ombre d’un doute la machine la plus puissante du monde vidéoludique. Attention, il y a des problèmes ici et là. Le prix de certains accessoires (90 euros pour un dock ultra cheap !!) est pour ma part un gros raté. Et les éditeurs tiers brillent par leur absence. Certes, Nintendo n’a jamais vraiment sorti les grands jeux de Sony ou Microsoft, mais en tnat que joueur, le line-up de la console ne m’attire pas particulièrement. Mais ça reste quand même une très belle innovation pour les joueurs qui, comme moi, manquent de temps. Même si on manque encore de recul, on peut pressentir un succès sans précédent à ce nouveau venu !

13. mars 2017 par admin
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Caméras-piétons

Comme dirait une certaine pub, c’est une vraie bonne nouvelle : à présent, les policiers et gendarmes, lorsqu’ils procèdent à des contrôles d’identité doivent activer leurs caméras-piétons, dans quelques 23 zones de test. Ces zones comportent des ZSP en petite et grande couronne de Paris, mais aussi des départements au nombre desquels la Haute-Garonne.
Ce n’est pour l’instant qu’une expérimentation, qui doit d’ailleurs être validé par le Conseil d’Etat. Mais c’est quand même un pas dans la bonne direction. Ce procédé est employé depuis des années dans de nombreux pays, et a carrément prouvé son utilité. L’objectif de ce dispositif est de tranquilliser les personnes lors d’un contrôle : les policiers peuvent ainsi prouver qu’ils ont respecté la procédure à la lettre, et les personnes contrôlées sont en mesure d’avoir une trace si un abus est commis. C’est vraiment un système favorable aux deux parties. Avantage supplémentaire, ces caméras embarquées permettent de faire l’impasse sur les rapports écrits, ce qui devrait réduire considérablement la partie administrative : si vous avez déjà vu un policier rédiger un rapport, vous comprenez sans doute de quoi je parle !).A l’issue de ce test grandeur nature, les DG de la Police et de la Gendarmerie Nationales produiront un rapport examinant l’impact de ce système sur le bon fonctionnement des contrôles d’identité. Si ce dispositif est validé, des scandales comme celui de Théo le mois dernier devraient donc appartenir au passé. Voilà au moins une chose favorable qu’on gardera de ce gouvernement. Cela dit, le policier peut oublier de déclencher le dispositif au moment d’intervenir. Mais ce serait vraiment tendre le bâton pour se faire battre.

10. mars 2017 par admin
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La fin des pages jaunes

A l’issue d’une assemblée générale de quatre heures, le plan de désendettement de cet ex-filiale de feu France Telecom a été très largement approuvé. La société évite la cessation de paiement. La bataille promettait d’être épique et elle l’a été. Pendant cinq heures jeudi dans la soirée, la direction de SoLocal, l’ex-PagesJaunes, a ferraillé en assemblée générale au CNIT de la Défense avec des actionnaires frondeurs qui refusaient toujours son plan de restructuration d’une dette colossale de 1,19 milliard d’euros. Une dette qui étrangle l’entreprise et menaçait de l’envoyer directement au tapis avec ses 4400 salariés. Le projet qu’elle a soumis a finalement été adopté à une large majorité des deux tiers. il prévoit que la dette sera ramenée à 400 millions en échange d’une augmentation de capital qui diluera l’actionnariat actuel après que ce dernier a déjà connu une véritable descente aux enfers boursiers. En octobre, l’annuairiste avait essuyé un premier échec au terme d’une première AG tout aussi mouvementée. Depuis, les conditions financières du plan ont été revues à la hausse et certains frondeurs ont rejoint le camp de la direction. Mais d’autres considéraient toujours la pilule trop amère et réclamaient de nouvelles négociations avec les créanciers. Or, ces derniers parmi lesquels les hedge funds Paulson, Ambert et Monarch qui détiennent 37% de la dette, se disaient prêts à déclencher la bombe atomique : en cas de refus du plan, ils demanderaient le paiement immédiat de leurs créances, ce qui aurait eu pour effet d’entraîner le dépôt de bilan de la société. Les petits porteurs frondeurs ont à nouveau dénoncé le jeu trouble de fonds spéculatifs tantôt actionnaires, tantôt créanciers, prêts à profiter d’actions bradées pour se refaire une santé. Ils étaient soutenus par certains «activistes» experts en reprise d’entreprise comme Didier Calmels – le redresseur les volaillers Doux – ou Benjamin Jayet – qui se présente comme le premier actionnaire de l’entreprise avec 7% du capital. Ces derniers qui ont investi assez récemment dans SoLocal rêvaient de prendre le contrôle de la société à bon prix. Des «aventuriers» a dénonce la direction, tandis qu’un de leurs soutiens a stigmatisé la naïveté de la majorité des actionnaires lors de l’AG. «Vous êtes en train d’admirer la corde qui vous étrangle, leur a-t-il lancé. Je n’avais jamais vu une manif de gens modestes en faveur de leurs usuriers.» Ambiance. L’histoire de Solocal, c’est celle de ces «LBO» monstre, ou opérations de rachat à effet de levier (par endettement) qui virent au cauchemar parce que des financiers trop gourmands ont eu les yeux plus gros que le ventre. En 2006, France Télécom revend au fonds d’investissement KKR et à la banque d’affaires Goldman Sachs les 54% de capital qu’il détient encore dans sa florissante filiale PagesJaunes pour se désendetter. L’annuairiste qui réalise alors l’écrasante majorité de son chiffre d’affaires dans la vente d’encarts publicitaires dans ses bottins imprimés est valorisé à 6 milliards d’euros. Un montant irréaliste et très excessif, qui va plomber l’entreprise, puisque dans un LBO, c’est elle qui rembourse son rachat en payant d’énormes dividendes à ses actionnaires, afin que ces derniers honorent leur dette. Entre 2006 et 2011, PagesJaunes versera ainsi pas moins de 4,5 milliards d’euros à ses actionnaires. Une «ponction» qui tombe au plus mal: le modèle économique basé sur le papier est en train de s’effondrer et PagesJaunes qui se rebaptisera SoLocal en 2013 doit alors opérer un virage à marche forcée vers Internet nécessitant d’importants investissements.

17. février 2017 par admin
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35 heures: les salariés opposés à leur suppression

Près des deux tiers des salariés français se disent opposés à la suppression des 35 heures, et la plupart sont hostiles à une augmentation du temps de travail sans compensation salariale, selon un sondage BVA pour le site mediarh.com. 65% des personnes interrogées sont opposées à la suppression de la durée légale de 35 heures, contre 35% qui y sont favorables. Moins de la moitié des salariés juge par ailleurs qu’une évolution des 35 heures aura un impact sur la relance de l’activité ou la réduction du chômage. Sur l’augmentation du temps de travail, l’opinion est très partagée puisque 50% ne seraient pas d’accord pour travailler deux heures de plus (37 heures au lieu 35 ou 39 heures au lieu de 37), et 49% seraient au contraire d’accord. En revanche, 67% des salariés s’y refuseraient sans compensation salariale. Près de la moitié (48%) pensent que les négociations sur le temps de travail devraient d’abord avoir lieu au niveau de l’entreprise, comme l’entend la loi travail, 32% qu’elles devraient se dérouler au niveau du Parlement avec une loi, 19% au niveau de la branche. Enquête réalisée en ligne du 5 au 8 décembre auprès d’un échantillon représentatif de 803 salariés, selon la méthode des quotas.

17. février 2017 par admin
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La sécurité aérienne en question

Les travaux consacrés à la conception et à l’utilisation d’indicateurs de performance de sécurité ont continué à progresser à mesure que de nouvelles sources de données se sont développées. Dans le domaine de la gestion du trafic aérien (GTA), l’Agence a appuyé les activités du comité d’examen des performances (PRB), en recueillant des indicateurs pour l’«évaluation des performances 1» et en soutenant le développement de nouveaux ensembles d’indicateurs. L’Agence a mis en place un système d’entrepôt de données visant à collecter des données d’exposition et à améliorer l’évaluation de la probabilité des risques. Le rapport annuel sur la sécurité pour 2012 a été publié, accompagné de deux déclarations supplémentaires, de début et de milieu d’année. L’Agence a fourni un appui technique à la Commission européenne dans le cadre du développement de la nouvelle législation sur les comptes-rendus, l’analyse et le suivi des événements dans l’aviation civile européenne, qui est désormais en voie d’achèvement. Elle a également soutenu le développement du système ECCAIRS, ainsi que la diffusion de son utilisation par d’autres autorités par l’organisation d’ateliers et l’élaboration d’outils, de méthodes et de techniques visant à améliorer la qualité et l’analyse des données. Cela contribue à améliorer de manière globale le répertoire central européen (ECR) d’événements et renforce également la capacité de compte rendu d’événements interne, qui appuie directement la fonction de maintien de la navigabilité. En outre, l’AESA a dirigé l’élaboration de taxonomies de l’aviation au niveau européen dans le cadre de sa présidence du GT Taxonomie de l’ECCAIRS. En outre, en tant que membre de l’équipe de taxonomie commune CAST/OACI (CICTT), l’Agence a également soutenu la coordination des taxonomies à un niveau mondial. L’AESA a également consolidé la position centrale du réseau des analystes en Europe et a dirigé l’élaboration d’un système européen de classification des risques. En 2013, l’Agence a coordonné des activités portant sur des actions de sécurité dans le cadre des plans de sécurité nationaux et a développé des solutions au niveau européen en vue de soutenir l’amélioration de la qualité des données de sécurité, l’objectif ultime étant d’améliorer les connaissances et les capacités d’analyse de sécurité à travers les États membres de l’AESA. Source: simulateur de vol.

09. janvier 2017 par admin
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Bien désigner l’ennemi

Les tragiques attentats d‘Orlando et de Magnanville relancent le débat sur « l’islamisme ». Au-delà de la haine contre des homosexuels ou des policiers, s’exprime une certaine idéologie. Il faut l’identifier clairement si l’on veut pouvoir la combattre. Mais identifier veut dire aussi préciser. Rien n’est pire qu’une mauvaise définition qui soit désigne un faux ennemi soit permette à cet ennemi de s’étendre. Car, la définition de l’ennemi n’a pas seulement comme fonction de le désigner mais aussi de l’isoler et le cas échéant, de « porter la discorde » en son sein. Ce qui pose la question du terme « islamiste », qui est d’un usage courant mais qui s’avère en réalité profondément inadapté. Les dérives que l’on constate dans une (petite) fraction de la jeunesse sont attribuables, bien sûr, à une certaine idéologie qui prône une lecture littérale du Coran (ce que l’on appelle le salafisme). L’absence d’exégèse et d’interprétation qui caractérise cette lecture se traduit par une montée en puissance de discours très violent tout en rendant en apparence possible une « fidélité » imaginaire au texte par l’intermédiaire de rites. Elle s’accompagne de la confusion des temps (le temps de l’écrit et le temps du réel). Mais elles sont tout aussi largement construites sur la confusion des deux sphères, la sphère publique et la sphère privée. Et cette confusion se voit particulièrement bien quand il s’agit de crimes commis par des jeunes Occidentaux qui basculent dans cette idéologie. Les enfants d’immigrés de deuxième ou troisième génération, dont les parents sont venus d’Algérie ou du Maroc, ont en réalité un type de comportement occidental. Ils sont très profondément contaminé, et ce à leur insu et même s’ils le dénoncent, par l’idéologie de l’individualisme absolu ou individualisme marchand. Cette idéologie se refuse à toute médiation. Elle s’accompagne d’un discours sur la « fin des temps », discours dont la structure tend à se répandre dans nos sociétés à travers toute une série de prophéties apocalyptiques (climatiques, financières…). Ce discours aboutit à nier la pertinence du politique et de son pivot, la souveraineté. Ils donnent volontiers en pâture au reste de la société, par exemple à travers Facebook une parade de leur ego intime, présentant comme exemplaire leur comportement personnel. La technique du selfie a aussi permis le déploiement de ce type de comportement. Ce qui est frappant c’est que, dans le discours politique ambiant, depuis une bonne dizaine d‘années, on théorise cette parade des narcissismes, en particulier au sein de la fondation Terra Nova, quand on prétend mettre en avant les valeurs comme fondatrices de la politique. Cette confusion entre principes et valeurs a eu des effets désastreux en désarmant la société démocratique face à ses ennemis et en instituant un relativisme généralisé. Le comportement des djihadistes occidentaux s’enracine dans le refus de toute médiation entre les valeurs et les principes. En cela ils s’avèrent les symptômes d’une crise occidentale tout autant que d’une crise du Moyen-Orient. Mais, il faut revenir à l’idéologie-prétexte du terrorisme djihadiste car elle structure ces comportements ; elle en fournit la grammaire. Il faut alors constater n’y a pas d’unité du monde musulman. Outre la division entre sunnites et chiites, il existe aussi une différence, qui peut être sanglante, entre l’islam d’inspiration salafiste et l’islam des confréries – en Russie on a eu à des conflits armés entre ces deux islams, pourtant issus l’un et l’autre de la matrice sunnite, en particulier au Daghestan. De plus, le monde musulman connaît des évolutions historiques. Le terme islamisme est donc en réalité faux : ce qui pose problème, ce n’est pas l’Islam en général mais la montée actuelles des idées salafistes et wahhabites, qui constituent un courant très particulier de l’islam, une lecture littérale, et qui sont financés par certains pays, dont l’Arabie saoudite ou le Qatar. Et il convient de poser la question de notre politique étrangère vis-à-vis de ces pays. Ce courant s’est construit sur les décombres du nationalisme arabe, qui est issu d’un dialogue entre des intellectuels musulmans et des intellectuels chrétiens faisant le pari de la nation pour dépasser la communauté des croyants et rendre possible la cohabitation. Malheureusement, les puissances occidentales n’ont eu de cesse de détruire ce nationalisme arabe, et c’est sur ses ruines qu’a pu prospérer le salafisme. Si la lecture djihadiste de l’islam ne dépendait pas du contexte historique, pourquoi cette lecture était-elle minoritaire en 1950 et devient-elle plus importante aujourd’hui ? Parce qu’en 1950, le nationalisme arabe proposait aux masses une voie d’accès crédible à la modernité. Il faudrait que l’on commence aussi à réévaluer la composante positive de ce nationalisme. Mais, les bonnes âmes de la « gauche » bien pensante se refusent à faire ce travail. À sa place ils tiennent le discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». De quoi s’agit-il ? S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, c’est une évidence. Il est bon et sain de le répéter, mais cela ne fait guère avancer le débat. S’il s’agit de dire, mais c’est hélas bien plus rare, que des populations de religion musulmane sont en réalité les premières victimes du djihadisme, c’est aussi une autre évidence. Et il convient de l’affirmer haut et fort. S’il s’agit, enfin, de dire que la montée du djihadisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les États-Unis et les puissances occidentales, voilà qui constitue une vérité qui est largement oubliée [1]. Ces trois affirmations constituent trois éléments essentiels d’un discours non pas tant contre l’islamophobie mais affirmant des vérités qui sont aujourd’hui essentielles à dire dans les pays occidentaux. Mais, le discours peut aussi avoir un autre sens, bien plus contestable. À vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on peut aussi préparer le terrain à une mise hors débat de l’islam et des autres religions. Et là, c’est une erreur grave, dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs, principes qui vont au-delà du rapport à une religion particulière. Ce discours entérine la confusion entre valeurs et principes. Il capitule intellectuellement devant l’ennemi. Non que l’islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. À ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Évangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein. Ce qui est donc scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche, et en particulier de la gauche radicale, suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances. Ceci pose à son tour la question du « multiculturalisme ». Le projet multi-culturaliste consiste à renvoyer les individus à une communauté culturelle ou religieuse, hypothétique ou réelle. L’État, ensuite, négocie avec les représentants que cette communauté se donne, accepte qu’elle vive selon ses propres règles et non les règles générales, lui déléguant de fait des attributions qui appartiennent au peuple tout entier. On comprend bien les objectifs clientélistes de ce genre de pratiques. Ceci a d’ailleurs été justement dénoncé par un député socialiste, Malek Boutih [2]. Ce multiculturalisme de projet considère donc que les individus n’ont pas d’existence hors de leur communauté de « référence » laquelle comporte toujours une dimension qui est largement mythifiée. Ce multiculturalisme est en réalité un projet pervers, qui nie l’unité politique et qui s’affirme dans les faits comme ségrégationniste car il implique que nous n’arriverons plus à vivre ensemble si chacun veut que la loi de sa communauté s’applique. Il est assez stupéfiant de constater qu’une certaine « gauche » aboutit ainsi à redonner vie à l’apartheid, une logique qui permet en réalité de comprendre sa fascination pour la légalité pure, et sa profonde haine pour la notion de souveraineté. Tout cela se tient.

29. novembre 2016 par admin
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Un syndicat de youtubeurs ?

L’annonce d’Hank Green a donné envie à plusieurs vidéastes français de réfléchir sérieusement à se regrouper : après un bref échange sur Twitter, des internautes se sont retrouvés en privé pour en débattre, rapporte Marie Camier-Théron, blogueuse (@_MCelle). Benjamin, de la chaîne d’histoire Nota Bene, en faisait partie. « Cela fait plusieurs mois qu’on parle d’un regroupement ou d’un syndicat. Deux ou trois groupes officieux y réfléchissent », raconte celui qui est aussi cofondateur de la Vidéothèque d’Alexandrie, une association rassemblant les créateurs de vidéo portant sur la vulgarisation de connaissances. Outre l’échange d’informations, une telle association pourrait avoir un rôle d’aide à la création. « De très nombreux vidéastes se lancent dans cette activité, certains s’endettent pour acheter du matériel et se retrouvent dans des situations financières compliquées », commente Marie Camier-Théron. « Il y a aussi un vrai besoin pour les créateurs de contenus en ligne de défendre leurs droits, qu’ils connaissent aujourd’hui peu. » Se regrouper permettrait de mieux négocier et faire pression sur les contrats avec les « networks », ces intermédiaires entre annonceurs et vidéastes qui, en échange d’un intéressement (parfois très élevé), peuvent aider les youtubeurs à obtenir des autorisations spécifiques ou mutualiser certains moyens. Une association permettrait également de mener des actions de lobbying pour peser sur l’évolution de la législation et ce notamment sur l’épineuse question des droits d’auteur. Pour Cordélia, c’est entre autres ce qui justifie la création d’une association française plutôt que de rallier l’organisation américaine : Enfin, une telle organisation pourrait permettre aux vidéastes d’argumenter en faveur de la création d’un statut spécifique aux créateurs de vidéos en ligne – statut qui n’existe pas. Reste à réfléchir sur les moyens d’action et la manière de configurer la structure, en assurant son indépendance. Car pour Marie Camier-Théron, d’éventuels conflits d’intérêts pourraient émaner de l’initiative américaine : ‘La démarche est lancée par des youtubeurs importants qui sont constitués eux-mêmes en networks, ce qui n’est pas idéal.

29. novembre 2016 par admin
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Comprendre le phénomène Londres

Manuel Appert propose une lecture globale de Londres, afin de mettre en exergue le contexte dans lequel la capitale britannique accueillera les Jeux en cet été 2012. Tout d’abord, il présente la situation de la gouvernance de Londres, en tant que ville globale notamment. D’autre part, il propose une lecture des dynamiques métropolitaines dans la métropole britannique. Ensuite, il illustre l’alibi que constituent les Jeux Olympiques pour la métropole londonienne, avec la reterritorialisation de Stratford, quartier à l’Est du centre londonien. Enfin, le conférencier propose des perspectives pour la ville globale, suite à la crise économique que subit le monde depuis 2008. Plus exactement, la conférence invite à répondre aux questions suivantes : Dans quel contexte la ville de Londres accueille-t-elle les Jeux Olympiques d’été ? Comment les acteurs les organisent-ils ? Par ailleurs, cette organisation internationale soulève des enjeux pour une ville globale, mais aussi pour l’intégralité d’un quartier. Dans quels buts Londres transforme et reterritorialise-t-elle ce quartier de Stratford ? Afin de comprendre les dynamiques actuelles de la métropole londonienne, Manuel Appert présente le contexte métropolitain sur lequel la ville s’est développée. Londres est né et s’est reproduite plus par accident que par une réelle planification. En effet, Londres a connu un réel développement urbain au cours du XIXe siècle, où sa population est passée de 1 million d’habitants en 1801 à presque 6.6 millions à la fin du siècle, en 1901. Le transport ferroviaire a été le facteur dominant dans cette extension spatiale. A la différence de la capitale française, Paris, où la densité de population de population est très forte au sein de l’aire urbaine, Londres reste une capitale avec une densité modeste. En se positionnant comme un des places fortes financières à partir du XIXe siècle, Londres est polarisée par deux pôles : le quartier de la City et celui de Westminster. Comme tous les processus de métropolisation, le centre londonien a absorbé des villes et des villages des alentours de la capitale, ce qui a créé un espace polycentrique, avec plusieurs pôles correspondant à ces villes englobées. L’organisation de la vie quotidienne est donc multipolaire. Jusqu’au début du XXe siècle, la croissance urbaine et les choix urbanistiques de Londres sont donc plutôt spontanés. Source: séminaire Londres.

29. septembre 2016 par admin
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