Bien désigner l’ennemi

Les tragiques attentats d‘Orlando et de Magnanville relancent le débat sur « l’islamisme ». Au-delà de la haine contre des homosexuels ou des policiers, s’exprime une certaine idéologie. Il faut l’identifier clairement si l’on veut pouvoir la combattre. Mais identifier veut dire aussi préciser. Rien n’est pire qu’une mauvaise définition qui soit désigne un faux ennemi soit permette à cet ennemi de s’étendre. Car, la définition de l’ennemi n’a pas seulement comme fonction de le désigner mais aussi de l’isoler et le cas échéant, de « porter la discorde » en son sein. Ce qui pose la question du terme « islamiste », qui est d’un usage courant mais qui s’avère en réalité profondément inadapté. Les dérives que l’on constate dans une (petite) fraction de la jeunesse sont attribuables, bien sûr, à une certaine idéologie qui prône une lecture littérale du Coran (ce que l’on appelle le salafisme). L’absence d’exégèse et d’interprétation qui caractérise cette lecture se traduit par une montée en puissance de discours très violent tout en rendant en apparence possible une « fidélité » imaginaire au texte par l’intermédiaire de rites. Elle s’accompagne de la confusion des temps (le temps de l’écrit et le temps du réel). Mais elles sont tout aussi largement construites sur la confusion des deux sphères, la sphère publique et la sphère privée. Et cette confusion se voit particulièrement bien quand il s’agit de crimes commis par des jeunes Occidentaux qui basculent dans cette idéologie. Les enfants d’immigrés de deuxième ou troisième génération, dont les parents sont venus d’Algérie ou du Maroc, ont en réalité un type de comportement occidental. Ils sont très profondément contaminé, et ce à leur insu et même s’ils le dénoncent, par l’idéologie de l’individualisme absolu ou individualisme marchand. Cette idéologie se refuse à toute médiation. Elle s’accompagne d’un discours sur la « fin des temps », discours dont la structure tend à se répandre dans nos sociétés à travers toute une série de prophéties apocalyptiques (climatiques, financières…). Ce discours aboutit à nier la pertinence du politique et de son pivot, la souveraineté. Ils donnent volontiers en pâture au reste de la société, par exemple à travers Facebook une parade de leur ego intime, présentant comme exemplaire leur comportement personnel. La technique du selfie a aussi permis le déploiement de ce type de comportement. Ce qui est frappant c’est que, dans le discours politique ambiant, depuis une bonne dizaine d‘années, on théorise cette parade des narcissismes, en particulier au sein de la fondation Terra Nova, quand on prétend mettre en avant les valeurs comme fondatrices de la politique. Cette confusion entre principes et valeurs a eu des effets désastreux en désarmant la société démocratique face à ses ennemis et en instituant un relativisme généralisé. Le comportement des djihadistes occidentaux s’enracine dans le refus de toute médiation entre les valeurs et les principes. En cela ils s’avèrent les symptômes d’une crise occidentale tout autant que d’une crise du Moyen-Orient. Mais, il faut revenir à l’idéologie-prétexte du terrorisme djihadiste car elle structure ces comportements ; elle en fournit la grammaire. Il faut alors constater n’y a pas d’unité du monde musulman. Outre la division entre sunnites et chiites, il existe aussi une différence, qui peut être sanglante, entre l’islam d’inspiration salafiste et l’islam des confréries – en Russie on a eu à des conflits armés entre ces deux islams, pourtant issus l’un et l’autre de la matrice sunnite, en particulier au Daghestan. De plus, le monde musulman connaît des évolutions historiques. Le terme islamisme est donc en réalité faux : ce qui pose problème, ce n’est pas l’Islam en général mais la montée actuelles des idées salafistes et wahhabites, qui constituent un courant très particulier de l’islam, une lecture littérale, et qui sont financés par certains pays, dont l’Arabie saoudite ou le Qatar. Et il convient de poser la question de notre politique étrangère vis-à-vis de ces pays. Ce courant s’est construit sur les décombres du nationalisme arabe, qui est issu d’un dialogue entre des intellectuels musulmans et des intellectuels chrétiens faisant le pari de la nation pour dépasser la communauté des croyants et rendre possible la cohabitation. Malheureusement, les puissances occidentales n’ont eu de cesse de détruire ce nationalisme arabe, et c’est sur ses ruines qu’a pu prospérer le salafisme. Si la lecture djihadiste de l’islam ne dépendait pas du contexte historique, pourquoi cette lecture était-elle minoritaire en 1950 et devient-elle plus importante aujourd’hui ? Parce qu’en 1950, le nationalisme arabe proposait aux masses une voie d’accès crédible à la modernité. Il faudrait que l’on commence aussi à réévaluer la composante positive de ce nationalisme. Mais, les bonnes âmes de la « gauche » bien pensante se refusent à faire ce travail. À sa place ils tiennent le discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». De quoi s’agit-il ? S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, c’est une évidence. Il est bon et sain de le répéter, mais cela ne fait guère avancer le débat. S’il s’agit de dire, mais c’est hélas bien plus rare, que des populations de religion musulmane sont en réalité les premières victimes du djihadisme, c’est aussi une autre évidence. Et il convient de l’affirmer haut et fort. S’il s’agit, enfin, de dire que la montée du djihadisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les États-Unis et les puissances occidentales, voilà qui constitue une vérité qui est largement oubliée [1]. Ces trois affirmations constituent trois éléments essentiels d’un discours non pas tant contre l’islamophobie mais affirmant des vérités qui sont aujourd’hui essentielles à dire dans les pays occidentaux. Mais, le discours peut aussi avoir un autre sens, bien plus contestable. À vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on peut aussi préparer le terrain à une mise hors débat de l’islam et des autres religions. Et là, c’est une erreur grave, dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs, principes qui vont au-delà du rapport à une religion particulière. Ce discours entérine la confusion entre valeurs et principes. Il capitule intellectuellement devant l’ennemi. Non que l’islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. À ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Évangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein. Ce qui est donc scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche, et en particulier de la gauche radicale, suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances. Ceci pose à son tour la question du « multiculturalisme ». Le projet multi-culturaliste consiste à renvoyer les individus à une communauté culturelle ou religieuse, hypothétique ou réelle. L’État, ensuite, négocie avec les représentants que cette communauté se donne, accepte qu’elle vive selon ses propres règles et non les règles générales, lui déléguant de fait des attributions qui appartiennent au peuple tout entier. On comprend bien les objectifs clientélistes de ce genre de pratiques. Ceci a d’ailleurs été justement dénoncé par un député socialiste, Malek Boutih [2]. Ce multiculturalisme de projet considère donc que les individus n’ont pas d’existence hors de leur communauté de « référence » laquelle comporte toujours une dimension qui est largement mythifiée. Ce multiculturalisme est en réalité un projet pervers, qui nie l’unité politique et qui s’affirme dans les faits comme ségrégationniste car il implique que nous n’arriverons plus à vivre ensemble si chacun veut que la loi de sa communauté s’applique. Il est assez stupéfiant de constater qu’une certaine « gauche » aboutit ainsi à redonner vie à l’apartheid, une logique qui permet en réalité de comprendre sa fascination pour la légalité pure, et sa profonde haine pour la notion de souveraineté. Tout cela se tient.

29. novembre 2016 par admin
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Un syndicat de youtubeurs ?

L’annonce d’Hank Green a donné envie à plusieurs vidéastes français de réfléchir sérieusement à se regrouper : après un bref échange sur Twitter, des internautes se sont retrouvés en privé pour en débattre, rapporte Marie Camier-Théron, blogueuse (@_MCelle). Benjamin, de la chaîne d’histoire Nota Bene, en faisait partie. « Cela fait plusieurs mois qu’on parle d’un regroupement ou d’un syndicat. Deux ou trois groupes officieux y réfléchissent », raconte celui qui est aussi cofondateur de la Vidéothèque d’Alexandrie, une association rassemblant les créateurs de vidéo portant sur la vulgarisation de connaissances. Outre l’échange d’informations, une telle association pourrait avoir un rôle d’aide à la création. « De très nombreux vidéastes se lancent dans cette activité, certains s’endettent pour acheter du matériel et se retrouvent dans des situations financières compliquées », commente Marie Camier-Théron. « Il y a aussi un vrai besoin pour les créateurs de contenus en ligne de défendre leurs droits, qu’ils connaissent aujourd’hui peu. » Se regrouper permettrait de mieux négocier et faire pression sur les contrats avec les « networks », ces intermédiaires entre annonceurs et vidéastes qui, en échange d’un intéressement (parfois très élevé), peuvent aider les youtubeurs à obtenir des autorisations spécifiques ou mutualiser certains moyens. Une association permettrait également de mener des actions de lobbying pour peser sur l’évolution de la législation et ce notamment sur l’épineuse question des droits d’auteur. Pour Cordélia, c’est entre autres ce qui justifie la création d’une association française plutôt que de rallier l’organisation américaine : Enfin, une telle organisation pourrait permettre aux vidéastes d’argumenter en faveur de la création d’un statut spécifique aux créateurs de vidéos en ligne – statut qui n’existe pas. Reste à réfléchir sur les moyens d’action et la manière de configurer la structure, en assurant son indépendance. Car pour Marie Camier-Théron, d’éventuels conflits d’intérêts pourraient émaner de l’initiative américaine : ‘La démarche est lancée par des youtubeurs importants qui sont constitués eux-mêmes en networks, ce qui n’est pas idéal.

29. novembre 2016 par admin
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Comprendre le phénomène Londres

Manuel Appert propose une lecture globale de Londres, afin de mettre en exergue le contexte dans lequel la capitale britannique accueillera les Jeux en cet été 2012. Tout d’abord, il présente la situation de la gouvernance de Londres, en tant que ville globale notamment. D’autre part, il propose une lecture des dynamiques métropolitaines dans la métropole britannique. Ensuite, il illustre l’alibi que constituent les Jeux Olympiques pour la métropole londonienne, avec la reterritorialisation de Stratford, quartier à l’Est du centre londonien. Enfin, le conférencier propose des perspectives pour la ville globale, suite à la crise économique que subit le monde depuis 2008. Plus exactement, la conférence invite à répondre aux questions suivantes : Dans quel contexte la ville de Londres accueille-t-elle les Jeux Olympiques d’été ? Comment les acteurs les organisent-ils ? Par ailleurs, cette organisation internationale soulève des enjeux pour une ville globale, mais aussi pour l’intégralité d’un quartier. Dans quels buts Londres transforme et reterritorialise-t-elle ce quartier de Stratford ? Afin de comprendre les dynamiques actuelles de la métropole londonienne, Manuel Appert présente le contexte métropolitain sur lequel la ville s’est développée. Londres est né et s’est reproduite plus par accident que par une réelle planification. En effet, Londres a connu un réel développement urbain au cours du XIXe siècle, où sa population est passée de 1 million d’habitants en 1801 à presque 6.6 millions à la fin du siècle, en 1901. Le transport ferroviaire a été le facteur dominant dans cette extension spatiale. A la différence de la capitale française, Paris, où la densité de population de population est très forte au sein de l’aire urbaine, Londres reste une capitale avec une densité modeste. En se positionnant comme un des places fortes financières à partir du XIXe siècle, Londres est polarisée par deux pôles : le quartier de la City et celui de Westminster. Comme tous les processus de métropolisation, le centre londonien a absorbé des villes et des villages des alentours de la capitale, ce qui a créé un espace polycentrique, avec plusieurs pôles correspondant à ces villes englobées. L’organisation de la vie quotidienne est donc multipolaire. Jusqu’au début du XXe siècle, la croissance urbaine et les choix urbanistiques de Londres sont donc plutôt spontanés. Source: séminaire Londres.

29. septembre 2016 par admin
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Les rentiers de l’Etat

Des milliers de hauts fonctionnaires ou de membres de la société civile sont des emplois fictifs, grassement payés à ne rien faire en remerciement de bons et loyaux services par les leaders politiques de droite et de gauche. Ce n’est pas un scoop, mais mis bout à bout, c’est un remède à l’amour… de la politique. Voici les premières pages de la dernière enquête du journaliste Yvan Stefanovitch sur le sujet. Une année d’enquête dans les palais parisiens de la République nous a conduits dans un monde merveilleux, légal, mais tout à fait scandaleux. Celui des “hauts fonctionnaires absolument débordés” que nous appellerons également ici avec un zeste d’ironie “fonctionnaires hauts absolument débordés”. Haut fonctionnaire publique territoriale, Zoé Shepard avait fait partie de cette espèce à Bordeaux. Elle avait décrit ce monde, où il faut faire semblant de travailler, dans son ouvrage ‘Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire’. Dans la capitale, la petite troupe des hauts fonctionnaires d’État absolument débordés recrute bien sûr dans la caste incontournable des énarques titulaires d’un emploi à vie à la sortie de leur école. En “deuxième choix” parmi l’autre catégorie des énarques, ceux recrutés au tour extérieur au sein des fonctionnaires ayant une dizaine d’années d’ancienneté. Et enfin et surtout parmi les personnels les plus privilégiés. Nommés de manière discrétionnaire par le président de la République, une prérogative essentielle du monarque républicain sous la Ve?République, ils ont deux origines. Pour reprendre les expressions consacrées, ils sont désignés soit “au tour extérieur” soit “à la discrétion du gouvernement”, sans la moindre justification ou condition. Pour être appelé par le prince et faire partie des hauts fonctionnaires nommés au “tour extérieur”, il n’y a également aucune obligation de diplôme ou de statut, mais une seule exigence?: être âgé de quarante-cinq ans au moins. Le “tour extérieur” se différencie des désignations “à la discrétion du gouvernement”. Selon la loi, ce “tour extérieur” n’a rien à voir avec une nomination politique contrairement aux désignations d’ambassadeurs et de préfets qui sont assumés en tant que tel. Ce qui est une aimable plaisanterie d’une hypocrisie rare… La petite troupe de fonctionnaires hauts absolument débordés nage comme un poisson dans l’eau parmi les ambassadeurs, les préfets en mission de service public, les généraux de gendarmerie, certains chefs de service à Bercy, les inspecteurs généraux des finances, de l’éducation nationale, des affaires sociales, les conseillers d’État, de la Cour des comptes et les contrôleurs généraux des finances. Nous en avons même retrouvé des représentants au sein d’une assemblée consultative de la République, le Conseil économique social et environnemental (Cese). Une institution de la République qui ne sert à rien, sinon à rétribuer discrètement des syndicalistes et des élus naufragés du suffrage universel ou sans mandat. Le Cese sert d’alternative à la haute fonction publique lorsque celle-ci ne peut accueillir un personnage à remercier ou à dédommager. Sur un effectif total d’environ 2?000 personnes au sein des plus grandes institutions de contrôle et d’inspection de la République, la petite troupe des fonctionnaires hauts et assimilés absolument débordés en regroupe environ le quart. Ce qui représente près de 1?000 emplois pratiquement fictifs, rémunérés mensuellement pour la plupart entre 7?000?et 20?000 euros net. Une fourchette qui s’élève ainsi jusqu’aux plus hauts salaires de la fonction publique à l’exception des présidents des administrations et agences de l’État, dont le salaire mensuel flirte avec les 30?000?euros net, selon la loi. Une enquête systématique à base d’entretiens et de statistiques officielles nous a permis d’identifier plusieurs personnalités publiques et politiques parmi ces fonctionnaires hauts absolument débordés. Divisée en trois catégories, cette sorte de tribu témoigne d’un système beaucoup plus essentiel, organisé et sophistiqué qu’un simple réseau de recasés de la République, à base de victimes du suffrage universel et de proches ou amis de l’Élysée. La première catégorie regroupe ceux qui font ou ont fait semblant de travailler en assurant une sorte de service vraiment minimum?: l’ex-Premier ministre Édouard Balladur?; les écrivains Régis Debray et Érik Orsenna?; l’ancienne ministre de la Culture Christine Albanel?; l’ex-conseiller en communication de Michel Rocard Pierre Zémor?; l’ancien ministre de la Défense François Léotard?; l’avocat Arno Klarsfeld?; la fille d’un très proche ami de François Mitterrand Paule Dayan?; l’ex-secrétaire d’État UMP à la Jeunesse Jeannette Bougrab?; le conseiller d’État Jean-Baptiste de Froment?; l’ex-président du Conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj?; le bras droit de Martine Aubry, Pierre de Saintignon?; l’ancien conseiller de François Hollande Aquilino Morelle?; l’ex-conseiller général PS de l’Oise Bertrand Brassens?; l’ancien conseiller de François Hollande Aquilino Morelle?; le député Jean-Yves Le Drian battu aux législatives de 1993?; les anciennes ministres Dominique Voynet et Dominique Bertinotti…

19. juillet 2016 par admin
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L’Europe en panne

Les alarmes retentissent depuis un bout de temps à tous les étages de cette Union inachevée. Même Michel Rocard est formel?: “l’Europe, c’est fini, on a raté le coche”. À la troisième vague, les digues risquent en effet de céder. Nous y sommes presque. Alors que la zone euro a failli sombrer avec la Grèce et que la déferlante des migrants n’en est qu’à ses débuts, la montée du vote anti-européen menace directement le fonctionnement de l’Union à vingt-huit. En France certes, le vote du Front national est resté aux portes des conseils régionaux, mais il a fallu une alliance inédite gauche-droite pour lui couper la route. Partout ailleurs aussi dans l’Union, le vote populiste gagne du terrain. “L’Europe risque de s’écrouler comme l’Empire romain sous la poussée des migrants”, affirme le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte. Les deux cerveaux “fédéraux” de Bruxelles ne cherchent plus de leur côté à cacher leur effroi. Jean-Claude Juncker, président de la Commission?: “l’euro peut disparaître dans les décombres de Schengen”. Martin Schulz, président du Parlement européen?: “la désolidarisation gagne le champ politique intergouvernemental”. C’est l’alerte rouge sur tous les fronts de l’action publique européenne. Il n’y a là aucune surprise pour les détracteurs. À force de s’enfoncer dans les diktats bureaucratiques et les dysfonctionnements, la technocratie bruxelloise a récolté ce qu’elle a semé. “Jean-Claude Juncker, président de la Commission?: “l’euro peut disparaître dans les décombres de Schengen”. Martin Schulz, président du Parlement européen?: “la désolidarisation gagne le champ politique intergouvernemental” Inexorablement, elle est rendue responsable de la méforme économique du continent et des dégâts d’une politique non coopérative – même si c’est par la faute des États. Est-il encore temps d’inverser ce cours de l’histoire qui semble fatal au projet d’une “union sans cesse plus étroite entre les peuples européens”?? Tel est l’objectif inscrit en toutes lettres, depuis 1957, dans le préambule du traité de Rome. En fait, personne n’imagine qu’un “Charlemagne” va soudain arriver et unifier toutes les principautés… C’est pourquoi la solution est de remiser au magasin des accessoires tout ce qui ressemble à des amputations de souveraineté étatique, et de mettre le turbo sur l’approfondissement économique pour le bien commun des peuples. C’est la seule porte de sortie à ouvrir en face d’une conjonction sans précédent de chocs systémiques. Le choc le plus spectaculaire concerne l’arrivée de millions de migrants aux portes de l’Union – du jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. Elle a pris de court le très fragile filet de protection posé par le système de Schengen. Celui-ci comprend 22 États membres de l’Union européenne plus la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein. Son principe est simple?: au nom de la libre circulation des personnes et des marchandises, les frontières intérieures à l’espace des adhérents sont supprimées, seules subsistent les frontières extérieures. De ce fait, la Grèce notamment se retrouve en première ligne – avec le handicap supplémentaire d’avoir une frontière maritime très proche de la Turquie qui gère à sa guise les arrivées de migrants chez son voisin. Chacun a pu voir qu’Athènes est incapable d’assurer le contrôle d’un tel flux, et encore moins celui de quelques terroristes potentiels. Cela aura suffi à décrédibiliser “l’esprit de Schengen” aux yeux des opinions publiques. “Vu de Bruxelles, c’est le drame absolu. Pas tant pour le drame humanitaire des réfugiés que pour les cassures en cascade nées au cœur de l’Union européenne” Vu de Bruxelles, c’est le drame absolu. Pas tant pour le drame humanitaire des réfugiés que pour les cassures en cascade nées au cœur de l’Union européenne. Les pays de l’Est, Pologne en tête, ont ainsi refusé d’accueillir des quotas de migrants comme l’a demandé l’Allemagne d’Angela Merkel. Au passage, Berlin a été accusé de ne penser qu’à sa balance démographique déficitaire. Globalement, l’application des règles du droit d’asile est bafouée et se fait dans le désordre. Plus grave, la réaction logique de différentes capitales – dont la France – a été de décider d’instaurer un contrôle ponctuel aux frontières nationales (légal dans le cadre de Schengen). Qu’il reste aléatoire et symbolique ne change rien au retour en force de la légitimation des barrières et de la mise en cause de la liberté de circulation. Ce qui revient à saper les fondements du marché unique qui est le cœur de l’Europe. C’est un danger mortel. Bruxelles fait face également à une série de secousses qui ne sont de basse intensité qu’en apparence. La Hongrie a défrayé la chronique pour avoir fermé sa frontière aux migrants après avoir refusé d’accorder le moindre visa. Las, le réflexe protectionniste n’est plus cantonné aux pays périphériques de l’Union. Le 3?décembre dernier, les Danois ont dit non par référendum à une coopération renforcée avec l’Union européenne pour les affaires de police et de sécurité. Par peur de perdre leur souveraineté sur le front de l’immigration. De leur côté, les Pays-Bas vont organiser début 2016 un référendum d’initiative citoyenne sur le traité d’association avec l’Ukraine. Ce qui préfigure des consultations pour toutes les grandes décisions, y compris sur le futur traité transatlantique. Blocages en vue… La zone euro est de son côté en permanence sur la sellette pour excès d’austérité. Pure faribole dans le cas de la France qui continue allègrement d’accumuler des déficits publics plus proches des 4?% de PIB que des 3?%. En revanche, il est exact que la concomitance de la réduction des déficits structurels dans plusieurs pays ne favorise pas la croissance. Parallèlement, la divergence de compétitivité entre le sud et le nord de la zone s’incruste et pousse l’Allemagne à réorienter son commerce hors zone euro – là où la demande est dynamique. Les États-Unis sont maintenant le premier partenaire commercial de Berlin devant Paris.

19. juillet 2016 par admin
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Aide sociale et imposition

Si vous n’avez pas compris à la lecture du titre de quel pays il s’agissait, alors je suis bien certain que vous ne vivez pas en France ! Notre pays est un tel labyrinthe d’aides sociales et d’impôts que même nos ministres s’y perdent parfois. Mais il y a peu, j’ai pu comprendre les origines d’un tel phénomène. Il serait en fait dû à une simple évolution naturelle de la société. Je m’explique. Jeudi dernier, mon responsable m’a parachuté à New York pour participer à un séminaire. Si la plupart des interventions sentaient la naphtaline (pour rester poli), un intervenant m’a cependant intéressé. Il s’est en effet employé à présenter le point commun qu’on retrouve dans la redistribution des richesses de chaque pays. Il est parvenu à dégager un schéma d’ensemble qui peut s’appliquer à tous les pays. Selon lui, dans les sociétés où règne une extrême pauvreté, l’inégalité est de fait plutôt faible. Tous les habitants se trouvant globalement dans la même condition de précarité, les disparités de revenus s’avèrent minimes. Il faut en effet que cette société s’enrichisse que l’inégalité s’amplifie et devienne flagrante. Lors de cette première étape de développement, le succès dépend essentiellement de la capacité de chacun à tisser des liens avec l’élite. Comme ces facteurs varient beaucoup d’un individu à l’autre, l’enrichissement au sein de la société est très logiquement dispensé de façon très inégale. Un tel phénomène est actuellement à l’oeuvre au Brésil. Un changement apparaît dès lors que le pays atteint un certain niveau de revenus. Le citoyen, au moyen des urnes, utilise alors son vote pour faire de la répartition des richesses un sujet central, qui devient de facto une priorité des politiciens. Ce phénomène se retrouve aujourd’hui dans presque tous les pays occidentaux, qui ont fait de l’inégalité leur cheval de bataille. Si la plupart des interventions lors de ce séminaire à New York n’étaient pas inoubliables, cette intervention m’a néanmoins interloqué en ce qu’elle permettait de comprendre fondamentalement que la situation en Occident est somme toute l’oeuvre d’une évolution naturelle, ni plus ni moins. La France compte parmi les pays où l’inégalité a diminué massivement au cours de ces dernières décennies. Reste à trouver comment concilier juste répartition et recherche de prospérité. L’équilibre, en la demeure, n’a pas encore été trouvé. Suivez le lien pour plus d’infos pratiques.

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11. mars 2016 par admin
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Valls aime l’oligarchie

On connaît surtout Manuel Valls pour ses diatribes contre le port du voile, son obsession anti-Dieudonné et son mépris des libertés publiques. On le connaît moins pour son intransigeance vis-à-vis des débordements liés aux mouvements sociaux. En bon admirateur de Georges Clémenceau, briseur de grèves patenté et ennemi juré des syndicalistes, il n’hésite pas à fustiger violemment les salariés en lutte pour défendre leur emplois et leur salaires. Loin de comprendre la colère des employés d’Air France menacés de licenciement, Manuel Valls s’est contenté de traiter de « voyous » ceux qui avaient molesté les cadres de l’entreprise, prenant fait et cause pour la direction. Briseur de grèves et récidiviste : il y a tout juste un an, il avait déjà fait échouer un précédent mouvement social d’Air France en refusant la mise en place d’un médiateur déclarant que cette grève « insupportable » devait s’arrêter et s’en prenant à l’ « attitude égoïste » des pilotes grévistes. Et si ces prises de positions musclées traduisaient la vraie nature du PS et de sa politique que l’on pourrait résumer en quelques mots : dur avec les faibles, faible avec les forts ? On ne présente plus Manuel Valls. Rocardien de la première heure, ami intime d’Alain Bauer, grand admirateur d’Israël, pourfendeur de la dissidence politique, il est de tous les mauvais coups contre le monde du travail. Hostile aux 35 heures, favorable à un allongement de la durée de cotisation pour les retraites, au renforcement du contrôle sur les chômeurs, à la mise en place d’une TVA « sociale » et à l’armement des polices municipales. En 2004, il est l’un des rares élus de gauche à exiger l’extradition de l’activiste italien Cesare Battisti et il fut le seul socialiste à s’être abstenu le 15 novembre 2005 lors du vote à l’Assemblée nationale de la loi prorogeant l’État d’urgence (tous ses collègues de gauche avaient voté contre). En 2010, il se distingue à nouveau dans son propre camp en votant pour l’interdiction du voile intégral et en se prononçant pour l’envoi de renforts français en Afghanistan. Économiquement libéral et politiquement autoritaire, Manuel Valls se range naturellement du côté de la direction lorsqu’un conflit social éclate. Ce fut notamment le cas quand il a estimé que le mouvement de grève lancé par les cheminots en juin de l’année dernière « devait s’arrêter ». La saine colère des salariés d’Air France, menacés d’un plan de suppression de 3000 postes (sans parler des 5000 à venir après 2017), lui donne l’occasion de tomber le masque et d’aller encore plus loin dans son soutien aux actionnaires. Il y a deux jours, le Premier ministre s’en est pris aux « voyous » coupables d’avoir attaqué deux DRH de la compagnie aérienne réclamant des « sanctions lourdes » à leur encontre. La loi prévoit en effet une peine de réclusion criminelle à perpétuité et une amende d’un million d’euros pour « séquestration en bande organisée » (article 224-1 du code pénal). Se disant « scandalisé », Manuel Valls a affirmé que cette violence était « inqualifiable et inadmissible » et qu’elle n’avait « pas sa place dans notre société », sans un mot pour la violence autrement plus redoutable que subiront les salariés licenciés. Ces déclarations ont été saluées comme il se doit dans les milieux patronaux et reprises par Nicolas Sarkozy qui a parlé de « chienlit » pour qualifier les incidents à Air France. Sarkozy au secours de Valls et du gouvernement socialiste, voilà qui en dit long sur l’évolution du PS et de sa politique. Une politique qui ne se distingue plus de celle de la droite dure que par un moralisme républicain et un « modernisme » des valeurs. L’obsession de la lutte contre l’antisémitisme, le combat politique contre le Front national, la promotion de l’antiracisme institutionnel et du mariage homosexuel sont les seuls marqueurs de gauche d’un gouvernement totalement acquis aux intérêts de l’oligarchie. Droite du travail, gauche des valeurs : Manuel Valls, loin d’être le franc-tireur que les journalistes font de lui, est en réalité un conformiste dans son propre camp.

11. mars 2016 par admin
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Un politique forcé à l’exemplarité

Ignazio Marino a présenté jeudi sa démission après avoir accepté de rembourser 20 000 euros de frais de bouche payées avec la carte de crédit de la ville. Plusieurs milliers d’euros de notes de restaurants, payés avec la carte de crédit de la ville. Le maire de Rome, Ignazio Marino a présenté jeudi sa démission dans un message adressé aux Romains après les révélations de la presse italienne sur des frais de bouche litigieux. «J’ai fait mon choix: je présente ma démission», a déclaré dans son message Ignazio Marino, évoquant la perte du soutien de son Parti démocrate (PD) qui le poussait vers la sortie et ajoutant que «les conditions politiques» pour poursuivre étaient «très minces, voire inexistantes». Le maire de centre gauche a mis un minuscule bémol à sa démission, rappelant qu’aux termes de la loi il dispose de 20 jours pour changer d’avis. Ignazio Marino a précisé qu’il utiliserait ce délai pour voir s’il était possible de «reconstruire les conditions politiques» pour rester en place, mais l’entreprise semble extrêmement difficile, tous les principaux dirigeants du PD, y compris le chef du gouvernement Matteo Renzi, lui ayant tourné le dos. Si la démission devient effective dans 20 jours, le préfet de Rome devra nommer un commissaire qui va gérer la ville jusqu’aux prochaines élections, vraisemblablement au printemps prochain. Dans un communiqué mis en ligne sur sa page Facebook plus tôt dans la journée, le maire de la ville éternelle avait assuré que les 20 000 euros de note de frais visés par les médias concernaient des dîners ou déjeuners professionnels mais qu’il préférait rembourser pour mettre un terme à la polémique. Une partie de la presse italienne avait entrepris de décortiquer toutes ses additions, à la recherche de celle qui prouvera qu’il a dîné en tête-à-tête avec sa femme et non avec un ambassadeur ou un homme d’affaires. Ce «dinergate» n’est que le énième épisode d’un long feuilleton raconté à l’envi dans une partie des médias italiens, sur les gaffes, ratages et supposées malversations de cet ancien chirurgien, réputé jusqu’à présent plutôt honnête. Elu en 2013 pour cinq ans, le maire a d’abord été accusé d’avoir utilisé sans permis d’accès valide sa Fiat Panda personnelle dans le centre historique. Il est aussi critiqué pour avoir banni les voitures de la grande avenue longeant les forums antiques et limité les terrasses des restaurants sur les places ou trottoirs. Cet ancien professeur de chirurgie à l’université de Pittsburgh aux Etats-Unis est pourtant sorti indemne du scandale de «Mafia capitale», le plus gros ayant jamais atteint Rome, qui a révélé un vaste réseau de corruption impliquant des élus de tous bords, dont l’ancien maire de droite. Le pape lui-même a participé fin septembre à cette offensive, en démentant avoir jamais invité Ignazio Marino lors de sa visite à Philadelphie. Certains commentateurs se demandent parfois ce qui justifie pareille campagne de dénigrement à l’encontre de ce spécialiste reconnu des greffes d’organe, écologiste de gauche circulant à vélo, aimant la voile et la plongée sous-marine.Certaines y voient une forme de vengeance de la part de tous ceux qui tiraient profit du vaste réseau de «Mafia capitale». Mais d’autres y voient plus simplement la rançon de son incompétence et son inaction supposées face aux désordres d’une ville dont les habitants ne supportent plus les retards dans les transports en commun et la saleté dans les rues.

11. mars 2016 par admin
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Critique de la critique du libre marché

Dès l’instant où un entrepreneur évoque la question du libre marché, il se trouve toujours dans la salle un intellectuel qui n’a jamais manqué de rien pour dénigrer ce « pernicieux système libéral »: parce que pour les intellectuels, le libre marché est généralement un danger, qui spolierait chaque jour les plus démunis. « Vous comprenez, nous refusons le libre marché car il est préjudiciable à la plèbe. Il faut protéger nos gueux. » Ainsi, pour eux, les pays pauvres seraient ravagés par l’avidité du libre marché. Vous l’aurez certainement compris, je ne partage pas cette conviction. Pendant un séminaire à Marrakech auquel j’ai assisté récemment, un intervenant a d’ailleurs détruit point après point cette conviction. Je vais essayer de résumer ici son propos. En fait, quand on accuse le libre marché d’appauvrir le pauvre, on est à l’opposé de la vérité. Pour une raison toute simple : les citoyens des pays en développement souffrent plus que toute autre chose d’un cruel manque de libre marché. Ce n’est pas un hasard si les plus défavorisés de par le monde habitent ordinairement dans des secteurs où la capacité de vivre leur existence comme ils le souhaitent leur est purement et simplement interdite. Pourquoi ? Parce que réduire le libre marché conduit à réduire la liberté. C’est pourquoi le libre marché est réprimé dans des régimes totalitaires comme la Corée du Nord. En toute logique, Si Kim Jong-Un ne fait déjà pas confiance à sa population pour lui accorder la liberté de voter, il est logique qu’il n’accorde pas à cette même population la liberté d’effectuer ses propres choix dans le cadre du libre marché ! Pendant ce séminaire à Marrakech, l’intervenant a même décidé d’aller plus loin dans son raisonnement : il a avancé que le libre marché était en fait très salutaire pour les plus faibles. Il leur offre en effet la chance de proposer leur travail à un public beaucoup plus vaste, et en tant que clients, les plus pauvres disposent également d’un accès plus large et moins coûteux à des biens et services. Par voie de conséquence, la plupart des plus défavorisés de par le monde destinent de nos jours une part moins importante de leurs salaires à la nourriture qu’auparavant. Dans les pays en développement qui ont fait le choix du libre marché et favorisent l’importation de produits, les gens bénéficient de davantage de choix en ce qui concerne les produits, et à des prix inférieurs. Pour en savoir plus, allez sur le site qui propose cet incentive au Maroc suivez le lien si vous souhaitez vous inscrire à la prochaine édition.

marrakech

23. novembre 2015 par admin
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La Grèce et son défaut de paiement

Le FMI a annoncé, lundi, que la Grèce lui avait remboursé une dette d’environ 2 milliards d’euros. Athènes n’est ainsi plus en défaut de paiement, mais doit encore rembourser 5 milliards d’euros à ses créanciers avant le 30 août. Le chèque est signé et le FMI remboursé. La Grèce a versé, lundi 20 juillet, un peu plus de 2 milliards d’euros qu’elle devait au Fonds monétaire international, a annoncé l’institution dirigée par Christine Lagarde. Athènes n’est ainsi plus en situation de défaut de paiement. L’État en difficulté financière n’avait pas pu rembourser, mardi 30 juin, 1,6 milliard d’euros au FMI. Il était devenu, à cette occasion, le premier pays industrialisé à rater un délai de paiement. La Grèce avait ensuite également dû faire l’impasse, le 13 juillet, sur le remboursement de 457 millions d’euros à ce même créancier. Cette régularisation de sa situation auprès de la puissance organisation internationale marque une nouvelle étape dans le processus d’un relatif retour à la normale après plusieurs mois de négociations et de menace de « Grexit ». Athènes a également annoncé lundi avoir entrepris de rembourser 4,2 milliards d’euros qu’elle doit à la Banque centrale européenne (3,5 milliards d’euros de prêts et 700 millions d’euros d’intérêts). Ce sont donc plus de six milliards d’euros que la Grèce a dû sortir de ses coffres. Des paiements rendus possibles uniquement grâce au déblocage d’un prêt d’urgence de 7 milliards d’euros, décidé par l’Eurogroupe jeudi 16 juillet. Cette avance couvre les besoins grecs pour le mois de juillet, mais ne suffiront pas au pays pour passer le mois d’août sans problème. Athènes doit en effet encore rembourser 5 milliards d’euros avant le 30 août.

23. novembre 2015 par admin
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